Le parlement des territoires était le premier de la période 2019-2022 : quels sont les enjeux pour cette période ?

Je veux d’abord souligner les circonstances un peu exceptionnelles de cette fin d’année 2019. Le mouvement social a perturbé l’organisation du parlement des territoires. Plutôt que de remettre à plus tard nos travaux, Bernard Dif et moi avons souhaité innover avec cette plateforme. La contrainte est souvent source de création !

Si nous ne souhaitions pas prendre de retard sur les travaux sur le handicap c’est parce que le calendrier de travail des élus sera chargé sur la période 2019-2022. A Lille, nous avons partagé beaucoup de sujets stratégiques. Ils sont essentiels à l’avenir de notre société mais aussi à l’avenir de notre mutuelle et de la place qu’elle veut occuper dans la transformation sociale. Avenir de la protection sociale, avenir du système de santé, avenir de notre environnement, avenir de la démocratie : ce sont là de vraies questions. Pour chacune d’entre elles, Harmonie Mutuelle a une contribution à apporter. Notre feuille de route politique sera le reflet de cette ambition.

Le travail ne va pas manquer et notre belle communauté d’élus ne va pas chômer. Notre ambition est triple. La première est que nous voulons une mutuelle qui s’engage, qui s’ouvre, qui défende ses valeurs avec humanité. La seconde est que nous voulons une mutuelle utile qui produise des effets positifs sur ses adhérents et ses entreprises clientes. Notre troisième ambition est celle d’une mutuelle performante car si nous voulons inscrire notre action dans la durée, il faut que nous soyons solides sur nos bases.

Le sujet du handicap est le sujet des travaux 2019-2020. Pourquoi ?

Harmonie Mutuelle est un acteur de transformation sociale et le handicap est un sujet de transformation sociale. Je donnerais quelques chiffres pour comprendre l’importance de cette question. Le premier, c’est la place du handicap dans la société française : 30% des Français sont concernés, soit par qu’ils sont en situation de handicap, soit parce qu’ils sont aidants d’un proche en situation de handicap. 30%, c’est une personne sur 3. Appliqué à nos 4,6 millions d’adhérents, c’est 1 400 000 personnes en relation avec Harmonie Mutuelle qui sont concernées.

Mais le handicap, c’est aussi une question sociale d’importance majeure. 1 élève sur 2 en situation de handicap quitte l’école avant l’âge de 10 ans. L’école est le creuset de la société, il y a une injustice à ce que certains en soient exclus. 2 millions de personnes en situation de handicap vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Le taux de chômage des personnes en situation de handicap est de 19%. Il y a une question sociale autour du handicap.

On devine les situations humaines qui se cachent derrière ces chiffres. Alors oui, pour un mutualiste il y a matière à agir. Et d’ailleurs nous agissons déjà. Vous le verrez dans toutes les ressources qui sont mises à votre disposition sur ce site. Harmonie Mutuelle, côté livre 2, côté entreprise, côté livre 3, côté élus fait beaucoup et souvent en proximité. Mais j’ai la conviction que nous pouvons être plus utiles encore.

Qu’attendez-vous des travaux des élus ?

Plusieurs choses. La première, c’est que nous prenions une posture juste sur le sujet du handicap. S’occuper des personnes en situation de handicap, ce n’est pas qu’une question de solidarité même si elle est importante. C’est une question de citoyenneté. La citoyenneté n’est pas négociable. Restreindre la citoyenneté à quelques-uns c’est l’abaisser. L’esprit mutualiste c’est l’émancipation des personnes, de toutes les personnes. Ayons cela à l’esprit au moment de réfléchir collectivement au handicap.

La seconde attente, c’est de renforcer notre utilité pour chacune et pour chacun. Les propositions d’action devront être utiles, produire de l’impact en mobilisant nos outils et savoir-faire.

La troisième attente, c’est d’avoir le souci de l’ouverture. Ne nous pensons pas comme une mutuelle isolée mais envisageons des partenariats, des actions avec des collectifs. Pour cela, il ne faut pas se disperser et être plus stratège dans nos partenariats. Pensons à avancer collectif aussi sur le handicap.